Le numérique dans le spectacle vivant

Depuis sa création, le spectacle vivant n’a jamais cessé d’évoluer selon ses époques. Théâtre, danse, cirque…Tous ces arts ont vu leurs pratiques, mises en scènes se transformer de façon plus ou moins rapide selon les sociétés.

A l’heure du numérique, qu’en est-il ?

Si le spectacle vivant laisse au spectateur sa propre vision du déroulement d’une œuvre devenant alors un évènement unique partagé collectivement ; l’œuvre numérique quant à elle est une idée créée et figée par un réalisateur.

De nos jours, le numérique fait partie des mœurs planétaires ; la multiplicité des outils et de leurs fonctions ont instauré des nouveaux modes de réflexion. Le conformisme des régies numériques dans le spectacle n’est plus une surprise; du technicien à l’artiste la frontière est de plus en plus mince, tout comme celle entre sciences et arts.

Esthétisme et création

Le numérique ne se limite pas à une simple utilisation technique : on observe une nouvelle génération de créateurs associant dans leur recherche et écriture, des disciplines traditionnelles (danse, théâtre, cirque, musique…) aux nouveautés digitales: programmation, temps réel, contrôle à distance, virtualisation, mapping

Ces procédés permettent de créer une connivence entre certains arts qui ne se mêlent pas toujours tels que le théâtre et le cinéma. Le metteur en scène /réalisateur Cyril Teste connaît bien le sujet, programmé au 104, institution contemporaine œuvrant pour la création, il met en scène Nobody, œuvre de l’auteur allemand Falk Richter qui met en exergue les différents comportements sociaux dans le monde du travail. Une scène de théâtre, un décor, mais aussi un écran de cinéma accueillent le spectateur qui se demande alors ce qu’il est venu voir. Du théâtre ? Un film ? Et bien non ! Il s’agira d’une performance filmique.

Pendant une heure et demie, cet habile processus offre le choix du regard que l’on porte à l’œuvre. Car si une création numérisée fige un instant ; mais qu’un spectacle vivant le stimule ; la combinaison de deux est tout simplement ingénieuse !

De telles évolutions dans la représentation scénique sont possibles grâce à l’évolution des lieux qui les reçoivent.

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Révolution numérique dans les espaces culturels

Depuis quelques années, les salles de spectacles, institutions en tout genre s’équipent d’innovations technologiques. Opéras, théâtres, salles de concert… Nombreux sont ceux souhaitant voguer sur les tendances et nouveaux esthétismes numériques. Le spectateur fait face à une palette de choix de plus en plus vaste, mais au-delà de cette richesse, il s’agit d’un nouveau genre dans le spectacle vivant qui se réinvente, tout comme ses métiers.

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Amener le spectacle en dehors de la salle

Depuis plusieurs années, le développement technologique permet, d’accroître les qualités audiovisuelles des représentations diverses. L’objectif étant de rendre ces expressions artistiques, accessibles à tous tout en proposant au public des expériences de plus en plus immersives.

Ces technologies sont aussi une révolution pour les personnes à handicap. En 2011, le célèbre théâtre de Broadway (New-York) a établi un mécanisme, en partenariat avec « l’Alliance for Inclusion in the Arts »,permettant aux personnes atteintes de cécité ou de surdité de d’assister à la fameuse pièce « Catch Me If You Can ». Les personnes malentendantes ou sourdes pouvaient suivre la représentation via ICaption, un boîtier diffusant en temps réel de façon lisible, le texte des acteurs. Les personnes aveugles ou malvoyantes disposaient de D-Scriptive, un guide-audio synchronisé en temps réel relatant les actions sur scène, les détails des costumes, les jeux de lumière…

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A distance, la retransmission des spectacles, se développe, effaçant les barrières géographiques et sociales La Gaîté lyrique, à Paris, diffuse les captations de nombreux concerts et événements sur son site et parfois en direct avec des partenaires comme Dailymotion. Autre exemple, Arte Concert est une plateforme dédiée à la diffusion (direct ou différé) de concerts et représentations diverses.

Spectacle hybride

Des salles de spectacles bien équipées ne suffisent pas à créer une synergie entre technologies de pointe et création artistique. C’est dans l’écriture même de la création que doivent se rencontrer ces deux pôles créant ainsi un « spectacle hybride ». Le spectacle lui-même se trouve transformé par l’utilisation des technologies numériques, de ce fait les incorporer à un spectacle s’avère être un pur choix artistique.

Sublimer le spectacle

« Etonnistes » est une performance gesticulée, visuelle et verbale ; jouant avec la perception des spectateurs. Alain Michard, Chloé Moglia, Julie Nioche et Michel Schweizer sont quatre protagonistes mis en scène, chacun avec un micro et chaque spectateur en entrant dans la salle se verra remettre un casque. En fonction des fréquences émises, chaque casque sera connecté à l’un des performers, qui chuchotent un texte dans leurs micros ; ainsi, chacun aura une perception auditive différente de celle de son voisin, mais tout le public partagera le même visuel.

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La numérisation des œuvres, patrimoine culturel

Une démarche de conservation suscite des interrogations sur l’élaboration des œuvres sous toutes ses formes : de l’élaboration à la représentation, afin de conserver les traces de ces processus de création aux écritures scéniques de plus en plus complexes et diverses. Ainsi, les captations d’aujourd’hui sont les archives de demain.

Projet Rekalll

Rekall est un logiciel permettant de documenter et répertorier les « digital performances » (spectacles intégrant vidéos, dispositifs interactifs temps réel, dispositifs sonores numériques…) en prenant en compte les processus de création, la réception et les différentes formes d’un spectacle. À partir de la captation vidéo d’un spectacle, ce logiciel permet d’y incorporer de la documentation afin de créer des « captations enrichies ».

Il s’agit là d’un outil s’adressant aux artistes, aux techniciens mais aussi au grand public ; il tente de palier à des problématiques de documentation, de conservation des arts à dimension technologique, et aux difficultés rencontrées par les artistes lors de la reprise d’un spectacle aux technologies obsolètes.

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Rekall se base sur les métadonnées présentes dans chaque document pour en soustraire des informations ensuite utilisées par des outils d’analyse et de représentation de l’information, afin de découvrir des comportements créatifs, des usages ou d’autres informations insoupçonnées. L’un des modes de visualisation permet d’assembler les documents autour d’une captation vidéo du spectacle : tel instant sera relié à telle fiche technique précise, un autre à des notes du metteur en scène…

Faryal Chikh

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