L’humanisation du numérique

S’immerger dans la sphère de l’art numérique mène irrémédiablement à la découverte d’une génération d’artistes que l’on trouve pertinent de citer. L’enchevêtrement des différentes expériences et pratiques artistiques donne naissance à des univers visuels et sensoriels uniques, éternels ou encore éphémères. Bernard Szajner, né en 1944, est un musicien et artiste plasticien. Il est célèbre pour son invention de la Harpe Laser, fruit de l’intersection des différentes disciplines artistiques qu’il exerce. Nous pouvons également citer l’artiste plasticien Bill Viola ; né en 1951, il est internationalement connu pour ses installations monumentales qui intègre le visuel et le sonore sur un même plan numérique. Bill Viola est considéré comme une figure importante dans l’univers de l’art numérique. L’espace et le temps font partie intégrante de sa réflexion artistique.

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Cependant, c’est une toute autre démarche que nous trouvons étonnante de par sa forme et de par son contenu. Inferno est l’intitulé du projet artistique de Bill Vorn, artiste que nous avons pu découvrir lors de l’exposition internationale d’art contemporain numérique « Prosopopées : quand les objets prennent vie ». A travers ses performances et installations numériques, ce dernier expérimente le contrôle du mouvement ainsi que les processus cybernétiques afin de dégager une sorte de rapport numérique entre l’humain et la robotique. Son travail artistique exposera également des techniques nouvelles dans le travail du son, de la lumière et de la vidéo.

De ce fait, Inferno se révèle au spectateur sous la forme d’une performance robotique venant du futur, une sorte de représentation des différents niveaux de l’enfer, tel L’Enfer de Dante, source d’inspiration principale de l’artiste. La particularité de cette performance implique une participation nécessaire du public. L’œuvre robotique, froide et figée ne vît que grâce au spectateur ; l’humain, le vivant. Dans une atmosphère aux teintes glaciales, les squelettes robotiques se font porter inlassablement par les spectateurs. Au-dessus de chaque robot est accrochée une lumière dirigée vers le bas, créant ainsi un espace circulaire dans lequel le spectateur et le robot ne font qu’un. La démarche artistique de Bill Vorn implique une soumission du spectateur à la machine, la musique, répétitive et obsessionnelle donne naissance à une sphère psychanalytique dont les thèmes sont la douleur mais aussi la récurrence du concept religieux du châtiment.

Salma Labayed

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